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Les beaux mecs – France 2 – 2011

Depuis quelques mois déjà les médias français se bousculent pour parler d’un esprit nouveau côté fiction française, d’un rapprochement avec notre voisin de l’autre côté de l’Atlantique.

Maison close, Pigalle la nuit, Braquo sont les dernières du genre. En réalité cela fait quelques années que Canal+ avait ouvert la voie avec Engrenages et Mafiosa mais, pour je ne sais quelles raisons, il a fallut attendre 2010/2011 pour voir enfin émerger un vrai lot de séries originales qui se différencient de R.I.S., Louis la brocante et autre Julie Lescaut qui, elles, donnent envie de se pendre arrivé à la seconde moitié du générique.

Carlos, une fiction Canal+

Toutes les séries (du bon côté de la force) que je viens de citer sont de Canal+, chaîne sur laquelle reposent toutes les innovations télévisuelles intéressantes (la TNT n’a pas encore la force de frappe mais sait-on jamais ce que nous réserve l’avenir?).
Ainsi quand France 2 se lance dans la fiction de qualité elle embauche un scénariste qui a fait ses preuves sur la chaîne cryptée et nous pond : Les beaux mecs. Soit dit en passant, Canal+ a fait un pas de plus (vers quoi je ne sais guère!) en confiant l’écriture de sa prochaine série Les Borgia à l’américain responsable de Oz qui sera supervisé par d’anciens responsables de la chaîne de grande qualité HBO.

C'est quoi un beau mec au fait?

A donc été diffusé cette année Les beaux mecs, série sur le milieu du crime et plus particulièrement sur un de ses anciens représentants confronté à la nouvelle génération. Les beaux mecs, c’est les anciens, ceux qui ont fait les grandes heures du banditisme tout en classe et en respect. Ceux qui gèrent quoi!

Tout commence par une évasion et tout de suite une confrontation des styles, la force tranquille contre la fougue un peu idiote.

Tony le dingue

La force tranquille

D’un côté Tony le dingue, en prison depuis 25 ans.
Fils d’une prostituée, protégé de Monsieur Jo, on suit en parallèle sa sortie de prison quasi involontaire et son ascension dans le milieu du crime des décennies plus tôt. Le noeud de l’histoire est là, dans l’interrelation entre le passé et le présent qui avancent ensemble d’épisode en épisode jusqu’à s’imbriquer totalement.
Entre amitié, trahison, familles et grand amour Tony le dingue a été bousculé sans frémir avant de tomber 25 ans plus tôt. Sans espoir il avait accepté son destin avant de se décider à faire un dernier tour de piste, un grand ménage final. Pourquoi? Contre qui et avec qui? Il faut limite attendre le 6ème épisode pour avoir une vision d’ensemble, mais en attendant on ne s’ennuie pas une seconde. En partie grâce à la jeune génération représentée par Kenz.

Kenz dit Ptite tête

La fougue un peu idiote

De l’autre côté on a donc Kenz, banlieusard qui veut juste jouer au caïd, avoir son nom au JT et s’imposer dans sa cité. Il partage avec Tony une faiblesse pour les femmes qu’il respecte mais qui peuvent le faire tomber bien vite. Pour autant il est sans expérience, pressé et feignant à la fois. Sa rencontre avec Tony, c’est la possibilité d’apprendre, encore faut il le vouloir. C’est une des faiblesses de la série qui veut nous montrer une sorte de passation de pouvoir, une initiation qui fera de Kenz le nouveau Beau mec alors que le personnage évolue peu et a une étonnante facilité à retomber dans des travers qui contredisent tout ce qu’il a pu dire ou faire de nouveau.

Les Beaux Mecs

Huit épisodes c’est peu quand, comme moi, on se laisse embarquer par la série, mais c’est assez pour aller au bout de l’histoire et en explorer la plupart des aspects. La série est habilement construite et chaque personnage a son intérêt (même si celui du manouche est raté selon moi). A la rigueur la fin retombe un peu trop sur ses pattes pour être honnête, genre parfait élève de fiction. Enfin, j’adore Anne Consigny qu’on voit bien trop peu mais si vous l’aimez aussi ça vous fait une raison de plus pour regarder ;).

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